Photo d'illustration · International Energy Agency / Wikimedia Commons · CC BY 4.0
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Europe pourrait subir une hausse prolongée des prix du diesel, illustrant une vulnérabilité persistante liée à la décroissance de ses capacités de raffinage. Ce déclin s'étend sur une quinzaine d'années, conséquence d'une perte d'investissement industriel dans le secteur.
Malgré sa capacité à importer du pétrole brut, l'Europe éprouve des difficultés croissantes à le raffiner, en raison de la concurrence accrue des raffineries du Golfe, de la Chine et de l'Inde. FuelsEurope rapporte que 35 raffineries européennes ont fermé depuis 2009, un chiffre significatif qui accroît la dépendance aux importations de produits raffinés.
Cette dépendance est particulièrement problématique pour le diesel, crucial pour le transport routier, l'agriculture et l'industrie. Traditionnellement, les raffineries européennes produisent davantage d'essence, laissant le marché du diesel sensible aux fluctuations internationales, comme c'est le cas en France où seulement 50 % des besoins en diesel sont raffinés localement.
Les récents conflits géopolitiques, notamment en Ukraine et dans le détroit d'Ormuz en raison de tensions avec l'Iran, ont exacerbé la crise énergétique en Europe. Ces perturbations ont réduit le commerce mondial des produits raffinés, augmentant ainsi la pression sur les importations européennes.
Cette contrainte d'approvisionnement, couplée à une demande élevée, engendre une hausse significative des prix des carburants raffinés. Les acteur principaux du secteur en profitent : ainsi, TotalEnergies a vu son résultat opérationnel de raffinage quadrupler au premier semestre 2026.
Il est impératif de surveiller l'évolution de la situation géopolitique et des politiques énergétiques en Europe pour anticiper les futures tendances du marché des carburants. Une stratégie durable de raffinage et d'approvisionnement pourrait atténuer les effets de cette crise.