En Afrique du Sud, les zones économiques spéciales (ZES) se multiplient sans pour autant rassurer. Parmi les 230 ZES du continent, 12 se trouvent en Afrique du Sud, dont la plus vaste et ancienne, Coega, aux abords de Port Elizabeth. Si ce concept devait être un atout pour attirer les investisseurs et stimuler l'industrialisation, la réalité semble moins glorieuse.
La zone de Coega, par exemple, attire des entreprises comme Coega Packing, qui exporte les récoltes sud-africaines après les avoir conditionnées. Selon Russell Stead, directeur de l'entreprise, l'emplacement stratégique et le port à proximité représentent des atouts indéniables. Toutefois, si la zone a su séduire certains acteurs, d'immenses terrains restent inoccupés.
Selon Angélique Swartbooi de l'autorité publique Transnet, le port en eaux profondes jouxte un terminal à conteneurs performant, pourtant exploitant moins que sa capacité maximale. Cette situation illustre les difficultés à concrétiser les ambitions économiques du site qui, malgré quelques réussites, ne parviennent pas à combler entièrement les attentes.
Pour Anthony Black, professeur à l'université du Cap, les ZES sud-africaines n'ont pas encore démontré leur efficacité. Les investissements, souvent coûteux, peinent à attirer des capitaux massifs et les incitations fiscales proposées restent modestes. Ainsi, certains investissements réalisés dans ces zones auraient pu, selon lui, s'implanter ailleurs avec des résultats similaires.
Un rapport de la Banque mondiale souligne qu'entre 2016 et 2024, l'Afrique du Sud a investi plus d'un milliard d'euros dans ses ZES, sans parvenir à rattraper véritablement ses ambitions. Bien que pour la première fois en 2024 les recettes aient dépassé les dépenses, il est encore trop tôt pour crier victoire.