Photo d'illustration · Léon Augé and Pierre Claver Eyeghe / Wikimedia Commons · Domaine public
Le groupe Eramet a confirmé son intention d'augmenter son capital d'ici la fin de l'année, ce qui pourrait voir l'État français investir jusqu'à 330 millions d'euros pour devenir le premier actionnaire avec 49 % des parts, selon RFI Afrique. Cette évolution est perçue de manière variée au Gabon, où l'une des filiales d'Eramet, la Comilog, exploite d'importants gisements de manganèse à Moanda.
Au Gabon, le syndicaliste Jocelyn Lebama indique que l'annonce ne provoque que peu de réactions chez les travailleurs, car l'impact direct sur la filiale locale reste limité. Il souligne que Comilog, entreprise de droit gabonais, appartient aux Gabonais et fonctionne de manière autonome malgré la montée de l'actionnariat français dans le groupe Eramet.
La Comilog représente une source cruciale d'emplois et de revenus pour le Gabon, avec 2 000 emplois directs et des effets indirects sur environ 10 000 postes. Un protocole d'accord signé cet été prévoit en outre de transformer le manganèse au Gabon d'ici 2031, un projet qui pourrait bénéficier de la nouvelle configuration capitalistique.
Selon Ike Ngouoni, responsable d'un cabinet de conseil stratégique, l'augmentation de la participation de l'État français pourrait ouvrir de nouvelles discussions sur les infrastructures, y compris la modernisation du réseau ferroviaire essentiel au pays. Toutefois, les milieux boursiers ont réagi froidement, avec une baisse de plus de 14 % de l'action d'Eramet.
Pour le spécialiste Philippe Chalmin, cette décision de l'État français répond à la nécessité de sécuriser l'accès à des métaux critiques face à des marchés défavorables, justifiant ainsi l'intervention publique. Eramet, confronté à des pertes financières récentes, pourrait voir ses finances stabilisées par cet apport, alors qu'elle subit des tensions sur différents projets, notamment au Sénégal.