Photo d'illustration · Bryan Berlin / Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0
C'est au cœur de Zurich que Gianni Infantino, président de la Fifa, a fait acte de contrition. Les lèvres serrées, il a dressé le bilan amer de la tempête déclenchée par sa proposition de faire entrer des investisseurs privés dans l'organisation du Mondial, une initiative qui a suscité un tollé général parmi les instances du football international, selon RFI.
Lors de cette rencontre avec les 37 membres du Conseil exécutif, Infantino a tenu à clarifier sa position, soulignant que son projet n'était qu'une simple proposition destinée à apporter des investissements supplémentaires, pas à remplacer les financements existants. Toutefois, ses explications n'ont pas suffi à apaiser ses détracteurs.
Des figures influentes comme Debbie Hewitt, vice-présidente de la Fifa, ont exprimé leur frustration face au manque de réponses tangibles à leurs questions concrètes. Elle a critiqué Infantino pour ne pas avoir consulté le Conseil au préalable, remettant en question son aptitude à diriger l'organisation.
La confiance rompue, Bernd Neuendorf, président de la Fédération allemande, a appelé à de nouvelles idées et à une restructuration de l'organisation. Ce sentiment de défiance est pourtant nuancé par certains, comme Ahmed Yahya, président de la Fédération mauritanienne, qui estiment que seuls la méthode de communication et le processus ont été problématiques.
Parallèlement à ces discussions tendues, le Conseil a approuvé un plan ambitieux de développement de 6,35 milliards de dollars, destiné à être ratifié au prochain congrès de décembre. Infantino a exprimé sa satisfaction quant aux avancées économiques sous sa présidence, en mettant en avant l'augmentation significative des allocations distribuées aux associations membres.
Malgré les tensions apparentes, Infantino a tenté de donner l'image d'une certaine harmonie retrouvée en serrant la main d'Aleksander Ceferin, président de l'Uefa et critique acharné de sa politique. Cette gestuelle symbolique pourrait-elle annoncer une trêve dans les coulisses du football mondial ? Mais pour beaucoup, la question reste en suspens.
Le Congrès de décembre pourrait bien être l'occasion pour la Fifa d'évaluer à nouveau ses priorités et de trancher sur l'adoption définitive des réformes proposées. En attendant, le climat à Zurich demeure lourd de critiques et d'interrogations.