En Côte d'Ivoire, l'orpaillage illégal reste un défi majeur pour les autorités, qui redoublent d'efforts pour démanteler les sites clandestins. Selon RFI, la Brigade spéciale de surveillance et d'intervention (BSSI), dépendant du ministère des Eaux et Forêts, a récemment intensifié ses opérations dans le sud du pays, plus précisément près de Mouyassué, tout près de la frontière avec le Ghana.
Ces opérations de la BSSI visent à localiser et détruire le matériel utilisé par les orpailleurs, notamment les dragues qui perturbent les cours d'eau. Le capitaine Jean Kouakou Kouassi a décrit ces dispositifs comme des outils flottants qui aspirent les sédiments des rivières, contribuant ainsi à la pollution de l'eau.
La proximité de la frontière ghanéenne complique cependant les efforts ivoiriens. Les orpailleurs ont tendance à se replier vers le Ghana lors des interventions, ce qui pousse les autorités à prôner une collaboration plus étroite avec leurs homologues ghanéens.
L'intervention à Mouyassué a également mis en lumière les difficultés sociales et économiques sous-jacentes qui alimentent ce phénomène. Salifou, un jeune orpailleur burkinabè âgé de 17 ans, arrêté lors de cette opération, a expliqué s'être tourné vers l'orpaillage pour soutenir sa famille, étant donné son statut de déplacé.
La présence récurrente de mercure sur les sites pose un autre problème majeur. Ce produit chimique, souvent retrouvé dans les effets personnels des orpailleurs, est utilisé pour l'extraction de l'or mais est extrêmement nocif pour l'environnement et les populations vivant à proximité.
Les efforts pour combattre l'orpaillage illégal sont soutenus par des statistiques impressionnantes : depuis 2021, plus de 8 500 sites illégaux ont été éliminés, selon les autorités. Toutefois, les responsables de la BSSI, comme le capitaine Kouassi, insistent sur la nécessité de maintenir une présence constante pour dissuader les tentatives de réinstallation des orpailleurs.
Dans les mois à venir, la poursuite de ces opérations déterminera si l'objectif des autorités ivoiriennes, à savoir endiguer totalement le phénomène en six mois, pourra être atteint. La collaboration internationale, notamment avec le Ghana, pourrait s'avérer cruciale pour assurer le succès de ces mesures.