Mali : procès retentissant autour de la spéculation foncière à Bamako
L'ancien maire de Bamako, Adama Sangaré, est jugé pour son implication présumée dans une affaire de détournement de fonds et de faux concernant des parcelles autour de l'aéroport.
Par Josué Kalala — Le Grand Reporter · 12 octobre 2026 à 05 h 37
Photo d'illustration · upyernoz from Haverford, USA / Wikimedia Commons · CC BY 2.0
En ce matin d'octobre, devant le tribunal de Bamako, l'agitation est palpable. Des journalistes s'affairent avec leurs caméras, tandis que des habitants discutent vivement des implications du procès qui s'annonce. Adama Sangaré, ancien maire de la capitale malienne, accompagné de sept co-inculpés, doit répondre aujourd'hui des accusations de « détournement de deniers publics » et « faux usage de faux », selon RFI Afrique.
L'affaire concerne l'attribution controversée de plus de 3 000 parcelles dans la zone aéroportuaire de Bamako, théoriquement propriété des Aéroports du Mali. Ce territoire, qui devait rester inaltéré et vierge de toute privatisation, est aujourd'hui au cœur d'une tourmente judiciaire. Les rumeurs de transactions opaque circulent depuis longtemps parmi la population, mais elles prennent aujourd'hui la forme de poursuites officielles.
Pourtant, Adama Sangaré et ses co-inculpés maintiennent fermement leur innocence, affirmant que toutes les démarches administratives ont été conduites dans la légalité la plus stricte. Devant la presse, l'ancien maire a insisté sur sa probité, clamant que les accusations portées contre lui ne sont qu'une manigance politique destinée à lui nuire.
Le procès suscite un vif intérêt dans tout le Mali. Pour de nombreux habitants de Bamako, le résultat de ce jugement pourrait bien incarner une nouvelle ère de transparence, ou au contraire, consolider le scepticisme envers les dirigeants politiques du pays.