Photo d'illustration · U.S. Department of State / Wikimedia Commons · Domaine public
La tension croissante entre l'Éthiopie et l'Érythrée préoccupe fortement la diplomatie américaine. Selon RFI, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a eu un échange téléphonique avec le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, dans la nuit du 15 au 16 octobre 2026. C'était le premier contact direct entre les deux depuis l'escalade des tensions, avec les armées éthiopienne et érythréenne s'affrontant à la frontière.
Ces tensions font suite à plus de deux semaines de combats intenses. L'armée fédérale éthiopienne a récemment repris les villes clés de la région du Tigré, auparavant sous le contrôle des rebelles du Front de libération du Tigré et des troupes érythréennes. Le retour du contrôle éthiopien à Zalambessa, près de la frontière, illustre l'intensité du conflit, note l'observatoire ACLED qui rapporte le déploiement de matériel militaire lourd par l'Éthiopie.
En réponse à cette situation inquiétante, Marco Rubio a exhorté à une désescalade des tensions et à un retour au dialogue entre les deux nations. Il a souligné l'importance du respect de l'intégrité territoriale dans la région de la Corne de l'Afrique, appelant à éviter les incursions transfrontalières.
Abiy Ahmed a qualifié la conversation de « fructueuse » sur le réseau social X, exprimant l'espoir d'un partenariat stratégique plus concret. Toutefois, il a évité de mentionner l'Érythrée, ce qui a suscité une réaction ironique de Yemane Gebre Meskel, ministre de l'Information érythréen, qui critique le récit éthiopien.
Cameron Hudson, ancien conseiller aux affaires africaines de la Maison Blanche, a exprimé son scepticisme quant au timing de cet appel, en soulignant le manque de cohérence américaine. Avant que les tensions n'éclatent, les États-Unis avaient levé des sanctions contre certains responsables érythréens et réduit les restrictions sur les ventes d'armes à l'Éthiopie.