Photo d'illustration · DFID - UK Department for International Development / Wikimedia Commons · CC BY 2.0
En Somalie, l'annonce d'un nouveau calendrier électoral suscite des débats houleux. En avril et mai 2027, le pays prévoit d'organiser des élections législatives et présidentielles sous le principe du suffrage universel. Un tournant majeur depuis 1969, marque fort du président sortant Hassan Cheikh Mohamoud et d'une réforme électorale ambitieuse. Mais cette initiative est loin de faire l'unanimité.
La contestation s'organise en deux fronts distincts. L'opposition, notamment incarnée par l'ancien président Mohamed Farmaajo, dénonce un processus électoral qu'elle juge unilatéral et dangereux pour la stabilité de l'État somalien. Sharif Cheikh Ahmed partage cette inquiétude, craignant la création d'élections parallèles qui empoisonneraient le climat politique.
Par ailleurs, les États fédérés du Puntland et du Jubaland perçoivent cette manœuvre comme une tentative pour Hassan Cheikh Mohamoud d'accroître sa longévité au pouvoir. La réforme, pourtant, vise à remplacer le système clanique par un vote direct, un changement radical qui pourrait affaiblir l'influence des chefs traditionnels au profit d'un exécutif renforcé.
Selon Selam Tadesse Demissie, chercheuse, le suffrage universel est un vieux serpent de mer en Somalie. Elle plaide pour une mise en œuvre progressive, débutant par des élections locales, afin d'éviter que chaque scrutin ne devienne une source de conflit. Ignorer cette approche pourrait en effet enfermer la Somalie dans un cycle perpétuel de violence post-électorale, selon elle.