Sur les quais du port d'Abidjan, un triste spectacle se déroule sous les yeux des exportateurs de coton. Des tonnes de fibres précieuses attendent leur tour, murées dans des conteneurs pour lesquels aucune destination ne semble se dessiner. Cette situation inédite s'est cristallisée à la suite d'une vague de commandes venues du Bangladesh, engendrant une paralysie jamais vue depuis quinze ans, selon Johanna Adotevi, directrice commerciale d'Ivoire Coton et de Faso Coton.

À mesure que passent les semaines, des navires restent en rade, des escales sont annulées, tandis que les camions peinent à accéder aux terminaux. Le tableau dressé par Mme Adotevi est celui d'un 'chaos' total où les fenêtres d'accostage sont devenues terriblement exiguës, retardant les délais à des records de trois mois, loin des trois semaines habituelles.