Le mouvement a évolué, passant d'une simple dénonciation de la corruption à une contestation antisystème plus vaste. Fait notable, ce soulèvement est apolitique et ne dépend d'aucun parti, une première pour le pays. Ermal Hasimja, politologue, souligne la nouveauté de ce mouvement qui défie non seulement le gouvernement, mais aussi les partis politiques traditionnels.
Edi Rama reste ferme, malgré quatre mois de manifestations continues. Pour le politologue, cependant, le Premier ministre est dans une impasse, car le peuple semble déterminé à obtenir sa démission. Aucun compromis ou geste symbolique du gouvernement ne semble apte à apaiser la situation.
L'opposition parlementaire est également tenue à l'écart, ce qui marque un tournant dans l'histoire politique de l'Albanie depuis son indépendance. Les manifestants, tels que Bislim Lakna, un professeur de philosophie engagé dès le début, expriment leur frustration et leur détermination à poursuivre leur lutte jusqu'à satisfaction de leurs revendications.
Lakna illustre cette attitude combative, en précisant que le mouvement a tenté de dialoguer avec le pouvoir, mais en vain. Le recours à la force est, selon lui, devenu inévitable pour faire face à l'inertie du gouvernement.
Ce soulèvement constitue une démarche exceptionnelle dans le contexte albanais, où rien de tel ne s'était produit depuis plusieurs décennies. La situation demeure extrêmement volatile, et l'évolution des manifestations reste à surveiller de près.